26 juillet 2026
L'encre du matin

Il y a dans le premier trait du matin quelque chose d'irréversible. Le pinceau touche le papier et le papier répond immédiatement : il boit, il gonfle, il refuse parfois. Ce dialogue-là ne se négocie pas.
Je prépare l'encre comme on prépare un fond de sauce : lentement, en observant la couleur changer. Trop d'eau et le trait s'évapore ; pas assez et il devient une cicatrice.
Le reste de la journée n'est qu'une conversation avec ce premier geste.